L’UTMB : épisode 3 Le Grand Duc 80km@4890mD+
L’UTMB : épisode 3
Le Grand Duc 80km@4890mD+
(Ou 85km@5300mD+)
Après le roc de Chartreuse, épisode précédent, il a bien fallu s’occuper. J’ai donc fait trois petites courses, le 10km d’Echirolles pour tester un peu la vitesse (pas terrible mais pas beaucoup plus mal que l’an dernier), la Ronde du Mont Aiguille pour le côté champêtre et sympa (le saucisson et le rouge à l’arrivée) et enfin du sérieux avec le championnat de course de montagne sur la montée de Saint-Nizier (Je n’ai pas terminé dernier). Ces trois petites courses étaient bien sympathiques mais j’étais seul, heureusement que Fred Robert m’a accompagné quelques km sur la ronde. J’ai pris l’habitude de courir et de discuter avec un escargot.
|
Après avoir fait quelques infidélités à Hub, c’est avec plaisir que je le retrouvai pour passer une bonne journée ensemble. |
|
|
|
5h du mat, nous nous retrouvons dans la zone de départ, endroit que nous connaissons bien, l’an dernier nous sommes partis du même
endroit pour nos 24h de Saint-Laurent du pont, un bon souvenir. |
|
Le départ de Saint Laurent est très sympa, cela monte tranquillement sur une route très large, impeccable pour se mettre en jambe, le
rythme est bon, Hubert et moi discutons avec des coureurs et coureuses que nous avons rencontré dans les trails précédents. Nous montons à un bon rythme, Hubert me trouve un peu rapide,
c’est bien la première fois qu’Hubert trouve que je vais vite. C’est roulant si je peux m’exprimer ainsi. Nous nous arrêtons pour faire une photo du levé de soleil sur Saint-Laurent.
Aujourd’hui, c’est Hubert qui porte mon appareil photo, il est tellement lourd que l’on alterne le portage. Promis, pour l’UTMB, j’en achète un ultra léger … |
|
|
|
Un petit ravitaillement au col de la Ruchère avant d’attaquer la montée sur Bovinant. Il y a deux ans, je l’avais fait dans l’autre sens, la montée est assez raide sur la fin mais cela passe bien. Nous avons un bon rythme, la descente sur Saint-Pierre est toute droite dans des cailloux, c’est très casse pate, je traine loin derrière Hubert, décidément les descentes, ce n’est pas mon fort. Hubert comme a son habitude, m’attends, j’’utilise un max les bâtons pour préserver mes genoux et mes cuisses. C’est le moment où mon tendon me fait le plus mal, pour tout le reste de la course, je ne le sentirai plus. En arrivant sur Saint-Pierre d’Entremont, le relais 1, nous sommes en pleine forme, je m’aperçois une fois encore que je n’ai pas suffisamment bu, 1 litre à peine sur les 3 de mon camelback. Nous avons mis 3h30 pour 3h prévu, nous avons déjà consommé 30mn de notre heure de bonus sur les temps limites. Nous croisons Franck, qui s’échauffe pour prendre le deuxième relais de l’équipe de relais à 5, Eric est parti deux heures après nous, normalement nous devons recroiser Franck sur la fin du relais 2. Il a vraiment l’envie d’en découdre, je la sens bien cette équipe de relai, nous allons essayer de suivre leur progression. Le col du Cucheron arrive très vite, la montée était roulante, nous avons une vue magnifique sur le Granier. Une grande partie est sur route, cela repose un peu l’attention. |
|
Le rythme est soutenu, nous reprenons pas mal de concurrents, il fait beau sans qu’il fasse trop chaud. Hubert me préviens qu’Epernay est encore loin car nous allons très loin vers Chambéry. Tout va bien jusqu’au grand carroz, nous courrons au milieu des prairies, il y a pas mal de concurrents qui commencent à être fatigués. Nous attaquons la forêt, et tout à coup dans la descente, le premier en équipe de relai à 5 nous passe à fond la caisse, il manque une bifurcation, nous le remettons dans le droit chemin. Incroyable la vitesse à laquelle il est passé, nous attendons avec impatience l’arrivée de Franck. Franck arrive 8mn plus tard, toujours égal à lui-même, facile, nous lui disons qu’il à 8mn de retard, il ne nous croit pas, on lui avait dis qu’il avait deux minutes de retard. Il semblait tellement facile et il restait encore la moitié du relais. |
|
|
La montée sur le col de la Gorgeat n’est pas des plus facile, 600m en 4km. C’est à ce moment là que nous nous sommes dis que Franck reprendrai le 1er, effectivement Franck passera premier et terminera 3éme de ce relais. L’équipe passe première avec 1mn d’avance.
Cyril, un junior, copain d’Hugo, fait la course en duo et discute avec nous quelques mètres dans cette montée que je trouve très
longue. Arrivée au sommet, quelle vue. Je demande à un promeneur de faire une photo de nous, l’appareil nous lâche mais qu’il est beau Hubert avec la Chartreuse en arrière
plan. |
|
Nous arrivons dans les petits hameaux, les spectateurs, nous disent encore deux km, encore un, dur dur. Nous arrivons au deuxième relai en 3h00 soit à 12h30, Ce relais est très animé, c’est le relais des duos, je retrouve quelques collègues qui font la course en duo ou en relais à 5. Il y a Florent Murillon qui a abandonné à Saint Pierre, il le faisait en duo, il y a des collègues Denis (Rouchon), Emmanuel (Sicurani) et Patrick (Forest). Ils s’occupent de nous, nous remplissent le camelback. Cette fois j’ai bien bu et je me suis bien alimenté, je risque de manquer de gel. Florent, m’en sort de mon sac et Hubert me dis qu’il en a encore, il n’a rien mangé en dehors des ravitos. Les ravitos, que la tome de Savoie est bonne, fondante par la chaleur. Les chips c’est pas mal non plus. Florent nous annonce le résultat de Franck, nous repartons pour ce relai de fond de vallée. Je craignais la chaleur mais il y a un petit vent, très agréable. En buvant régulièrement, nous arrivons à tenir. Je ne supporte plus mon odeur de transpiration, un détail à la con qui ne me quittera plus tout au long de la course. Ce parcours, nous le connaissons tous les deux jusqu’à Saint-Pierre d’Entremont, il s’agit de succession de petites montées. Nous avançons, toujours avec notre rythme, montée en marchant et descente en courant. Hubert me donne une impression de facilité, il est toujours devant, nous nous hydratons très régulièrement ce qui nous fait faire quelques poses qui nous indiquent que l’hydratation est bonne. Nous n’avons pas de soucis intestinaux, Hubert attendait Epernay pour voir si sa nouvelle technique était la bonne. Je lui changeait régulièrement ses gourdes, il s’arrêtait pour boire et revenait sur moi. Les cuisses commençaient à se faire sentir mais rien d’inquiétant. |
|
Nous attendions l’arrivée sur Saint-Pierre de Chartreuse, Marie-Laure, Hugo et sa copine devait nous attendre. Hugo devait avoir fini son relais. Nous n’avions plus de nouvelles du relais. Le ravitaillement au pied des pistes de ski fût un moment fort, autour de la table des coureurs fatigués, beaucoup plus que nous, les visages étaient tirés. Un couple avec qui nous faisions le yoyo commençait à saturer. Le mari disait, même à Courmayeur l’an dernier j’étais moins fatigué. Ces paroles m’ont redonné le moral. La montée des pistes de ski est réellement très dur, la seule difficulté de ce relais. Un appel téléphonique, c’est Hugo qui me demande où nous sommes, à deux bornes de Saint Pierre. Il me dit qu’il est arrivé le 1er au Charmant Son avec 10mn d’avance. Il a conservé les 10mn d’avance qu’avait pris Pierre-henri. Si David n’a pas d’accident, le relais va gagner. Cela aussi me redonne la pêche. |
|
|
|
Juste à l’entrée de Saint-Pierre de Chartreuse, Hugo est là pour nous prendre en photo, toujours dans le même ordre Hubert devant et moi derrière. Je me dis que je ralenti Hubert, je lui glisse qu’en haut du charmant son, il pourra me laisser et terminer à sa vitesse. Il me répond pas question, c’est vrai que notre devise « partir ensemble, arriver ensemble » s’est pour l’instant toujours vérifiée. Nous arrivons à 16h15 à Saint-Pierre, juste 15mn avant le temps limite. La visite médicale se passe bien, tension 12/9 pour moi, 11/4 pour Hubert. Nous avons notre ticket pour continuer. Hubert me dis qu’il va rester se reposer 10mn et manger. Effectivement son visage montre de la fatigue. Mais comme j’ai vu qu’il allait toujours plus vite que moi, je ne me suis pas inquiété. Et je me suis dis qu’il me rattraperait avant le Charmant Son. C’est avec plaisir que je retrouve ma petite famille qui m’attendait au ravito, ils ne me trouvent pas trop fatigué. Hugo me prévient que la fin de la montée est très dure, il faut escalader. Je sais que je suis juste sur le temps limite, je n’ai pas l’impression d’avoir trainé par rapport aux courses précédentes. Il faut que je tourne bien pour passer le charmant son. |
|
Je repars seul du ravito, heureusement que je suivi par un concurrent car j’allais me planter de chemin. A la sortie de Saint-Pierre un collègue m’attendait pour m’encourager, quelle constance depuis 2h mais il était chez lui. Lors de la première montée, un orage de grêle, le coup vent enfilé, me revoilà reparti sous la pluie dans un chemin qui ressemble plus à un ruisseau qu’à un sentier. Je monte en marchant d’un bon pas en pensant au temps limite, un peu de route, la pluie à cessé, j’enlève le coup vent. J’arrive à un ravito avant la montée fatidique. Michel (Riondet) me dis que cela va être juste pour le temps, à Saint-Pierre, ils arrêtent déjà les coureurs. Il me dit aussi qu’Hugo était facile quand il avait passé le 1er solo juste devant le relai. |
|
Il ne reste plus qu’une montée avant le Charmant son, 500m de dénivelé dans de la rocaille. Hubert me rejoint juste au pied de la montée et me dis qu’il a eu des problèmes intestinaux, il court toujours pas mal. Je pense qu’il a maintenu un bon rythme pour me rattraper et que cette légère accélération a été de trop pour son estomac. Comme dans toutes les montées, je passe devant mais cette fois je sens Hubert en difficulté, par deux fois nous nous arrêterons pour récupérer. Nous terminons l’escalade avec nos bâtons, je sais que nous serons hors délai pour une poignée de minutes.
Il nous reste l’herbage pour arriver au chalet, qu’il est long ce sentier dans l’herbe. Hugo m’appelle pour savoir où nous en sommes, le téléphone passe mal mais je comprends qu’ils ont gagné le relais. Cela me fait énormément plaisir, j’avais monté cette équipe pour la gagne, ils ont été fort tous les 5, super pour eux.
Avant d’arriver au relais, je me suis dis que sans le dossard je ne terminerai pas la course, il n’y avait plus la motivation. Je teste Hubert qui me dit la même chose. Nous arrivons au relais 4 à 18h37, nous passons la ligne et nous nous ravitaillons, je dis à Hubert, c’est bon, ils nous laissent continuer et non, nous sommes rappelés à l’ordre et devons rendre le dossard. Nous n’avons même pas trop d’amertume, Hubert se couche et dors dans l’herbe fraiche. Nous sommes les quatre premiers à être hors délai. Un copain passe après nous, il a terminé l’Ardéchois et le Roc de Chartreuse à chaque fois avec 15mn d’avance. Il décide de continuer sans dossard, j’ai failli repartir avec lui, il nous restait 2h30 de course et je connaissais le chemin, nous l’avions emprunté un mois avant lors du Roc de Chartreuse. Nous n’avions donc pas trainé, dommage.
J’appelle Marie-Laure pour qu’elle vienne nous rechercher. Hubert est fatigué au niveau digestif mais pas musculairement. Pour ma part, je suis las mais sans douleurs spécifiques, de la fatigue générale du à 13h30 de course.
|
Nous arrivons après le podium, l’équipe de relai à 5 rentre à leur domicile, ils s’arrêtent pour prendre quelques nouvelles, ils sont vraiment heureux de leur courses. Super Messieurs.
Gilles termine 14éme en 13h48, le 1er ayant terminé en 11h46. Nous apprenons que le trail faisait 85km pour 5300m D+ et non
80km pour 4880m. Ces infos ont été prises par GPS. Cela explique beaucoup mieux notre temps, ce qui me rassure sur notre performance. |
|
Notre préparation en compétition est terminée, la prochaine compétition sera la bonne. Il faudra que nous soyons costauds dans la tête pour terminer l’UTMB qui aura lieu le 27 aout. Ils nous restent un mois et demi pour peaufiner les derniers réglages.
Bonne vacances à tous.