Mon UTMB à moi : Ultra Trail du Mont Blanc

Rédigé le 30 et 31 Août  2011 par Fredouille La Fripouille

Résultat final

37ième en 29h04min07sec

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04   05

 

Seul au monde ou presque …

Pas de Gilles, pas d’Hubert, pas de Philippe, pas de STguys, ils ont décidé de relever d’autres défis. Je suis seul dans ma bulle sur la ligne de départ, il est 23H30 ce Vendredi soir à chamonix.

Eric pendant ce temps est en train de terminer la CCC …

 

Ambition

C’est simple suffit de reprendre la dernier phrase de mon CR UTMB-2009 :

Comme l’an passé, je vous invite à relever le défi du tour de la montagne. Moi, je sais que j’y retournerai avec l’état d’esprit et la détermination de celui qui veut quoiqu’il arrive rallier l’arrivée en finisher.

 

Fol espoir

Prendre du plaisir tout au long du parcours sans rencontrer de problème physique majeur.

 

Etat de forme du moment

Sensations pas top, beaucoup de mal à encaisser mon programme d’entraînement.

J’ai mis 10 jours pour me remettre de 4 jours d’effort dans le Queyras avec Franck fin Juin.

Et, dans mon dernier cycle de préparation de 3 semaines, j’ai du alléger la dernière semaine.

Je sens mes muscles fatigués même après plus de 15 jours de récupération, j’espère que c’est dans la tête. Le point positif : aucune douleur à recenser.

 

Camp de base :

Cette année, mon camp de base est à Vallorcine, fini l’escale du jeudi soir à Saint Gervais. La famille au complet (Monica + poupon Oksana) plus Eliane sont venus me supporter. En plus, Monica a trouvé un superbe appart dans un chalet.

Vallorcine est à moins de 15 kms de l’arrivée, je devrais y passer samedi en fin de soirée si tout se passe bien, et elles seront là pour me supporter.

On a regagné Vallorcine Mercredi soir, la route a été difficile avec un orage gargantuesque au passage d’Annecy, un véritable déluge avec ¾ d’heure de pluies intenses.

 

Orage ! ô désespoir !

Le bulletin Météo France du jeudi 25 août 2011 à 10 h 00

Vendredi 26 août 2011
Ensoleillé, chaud dès le matin puis développement des nuages en milieu de journée.
ORAGES  forts vers 16/17 h jusqu’à 19/20 h.
Passage de la perturbation pour la nuit.
Très forts orages, grêle, rafales de vent  vers 22 h/01h ensuite pluies jusqu’à 5 h du matin donnant 30 litres  d’eau au m².
FROID en seconde partie de nuit, NEIGE à 1800/2000 m :  5 cm à 2000 m, 10/15 cm à 2500 m. Brouillard dense seconde partie de nuit (visibilité 30 à 50 m).
Température maxi : 29° fond de vallée à 1000 m, 15° à 2000 m, 12° à 2500 m.
Température mini (nuit vendredi/samedi) : 10° fond de vallée à 1000 m, -0° à 2000 m, -3° à 2500
Vent 2000 m : sud 20/40 km/h, rafales sous orages 50/60 km/h puis ouest  30 km/h la nuit
Vent 2500 m : sud-ouest 50/60  km/h puis 30 km/h  la nuit

Samedi 27 août 2011
Brouillard début de matinée entre 1500 et 2500 m  puis amélioration et disparition milieu de matinée e ces brouillards, soleil l’après-midi. Formation des nuages locaux cumulus le long des versants, base des nuages vers 2000/2500 m.
Température maxi : 20° fond de vallée à 1000 m, 5° à 2000 m, +2° à 2500 m.
Température mini (nuit samedi à dimanche) : 11° fond de vallée à 1000 m, 5° à 2000 m, 3° à 2500 m.
Vent 2000 m : ouest faible
Vent 2500 m : sud sud-ouest 25  km/h

Dimanche 28 août 2011
Ensoleillé et chaud.
Température maxi : 26° fond de vallée à 1000 m, 15° à 2000 m, 10° à 2500 m.
Pas de vent en altitude.

Avec un temps pareil, on se dirige tout droit vers une édition raccourcie type 2010 avec un départ Samedi de Courmayeur … J’ai le moral dans les chaussettes, mais je fais comme ci, avec petit tour à Chamonix en fin d’aprem pour récupérer mon dossard.

Le contrôle de l’équipement se passe bien, toutes mes options light passent.

Soirée calme et nuit de Jeudi et Vendredi sans surprise : difficile, mal dormi.

 

Bonne nouvelle

Vendredi matin 7h30 : mon portable sonne avec un message de l’organisation UTMB :

UTMB : perturbation orageuse importante puis froid, pluie ou neige. Départ UTMB retardé à 23h30. Parcours inchangé sauf Vallorcine-Chamonix par le fond de vallée.

Vraiment une bonne nouvelle, le tour du Mont Blanc reste de mise avec quand même pas loin de 9000m de dénivelée pour un peu plus de 160 kms. Ce changement d’heure de départ me plait même bien car ça veut dire que je devrais trouver les lueurs du jour autour des Chapieux, soit seulement 2 descentes au lieu de 4 à négocier la première nuit et un passage à Courmayeur en plus en fin de matinée, ce qui devrait être beaucoup plus sympathique qu’à 6-7h00 du matin quand tout le monde dort encore.

Je m’active dans mes sacs une bonne partie de la matinée et réfléchis au matériel le plus adapté pour affronter les conditions météorologiques annoncées.

Comme d’habitude, ça me prend un certain temps ...

Eliane arrive vers 11h00-11h30. J’essaie de dormir un peu avant midi puis en début d’aprem, sans succès malgré les conseils d’Eliane. La pression monte en moi inexorablement au fil de la journée !

Je suis quand même la progression d’Eric sur la CCC, il est parti vite, je crains pour la suite surtout qu’il commence à perdre des places.

Avec les filles, on revoit leur programme du we. Déjà, la soirée entre filles de vendredi soir est annulée pour cause de Frédéric encore là et de virée à Chamonix prévue sur le coup des 22h. Le festin prévu se résumera à un sobre riz – courgette. Ensuite, on se dit que je vais passer à Vallorcine bien tard dans la nuit et que ce serait une bonne idée de venir m’encourager à Courmayeur samedi, Monica n’est pas motivée, mais avec Eliane, nous arrivons à la convaincre.

Sur le coup des 17h00, on refait un saut à Chamonix pour poser mon sac de change Courmayeur. J’essaie de redormir sans succès entre 18 et 20h00 …

 

Stratégie

Rester en vie, toujours, rester en vie.

Et surtout, ne pas s’enflammer, jamais, ô grand jamais, la course est longue.

Mon plan de course est clair dans ma tête, procéder étape par étape avec 2 rendez vous clef :

-   Tout d’abord, absolument regagner les Chapieux en bon état (kms50), c'est-à-dire en arrivant à négocier sans encombre les 2 descentes de nuit, ensuite, il fera jour et ce sera plus facile,

-    Après, arriver à économiser la machine de manière à garder des jambes pour négocier au mieux les 20 kms de descente qui suivent, le passage du grand col ferret (kms99). Ensuite, je sais que j’arriverai à finir au courage, une fois à Champex, il ne restera que 2 vraies montées/descentes plus la descente finale sur Chamonix.

Un seul chrono de référence dans ma tête : passer au col Checrouit au dessus de Courmayeur samedi matin vers 10h30-11h00.

 

Matériel

Les nouveautés 2011 sont une liste à rallonge exigée par l’organisation : veste imperméable et respirante, pantalon imperméable, tenue de course couvrant entièrement la jambe et la cuisse, bonnet, casquette, gants chauds et imperméables, vêtement chaud à manche longue type polaire, 2 frontales et piles de rechange pour chaque frontale, couverture de survie, bande de strapping, téléphone portable, réserve alimentaire, poche à eau 1l minimum. Ca fait beaucoup.

Je m’en tire au final avec un sac de 3kg500 environ en prenant 1l5 d’eau !

Autrement de mon expérience de 2009, j’avais noté 2 améliorations à apporter : troquer ma frontale pour un phare sur la tête afin de tenter d’éviter les sorties de sentiers incontrôlés qui s’étaient mal terminées + adapter un système de fixation bâtons sur mon sac pour faire les 8 premiers kms jusqu’aux Houches les mains dans les poches.

De plus, moi le grand casseur de poignées de bâtons Diosaz Raid 700 de Décathlon, j’ai pris la précaution d’acheter 2 bâtons neufs pour éviter tout désagrément en cours de chemin.

 

Chamonix by night

On arrive vers 22h15 à Chamonix, comme prévu, il pleut …

Oksana dort dans sa nacelle. Monica et Eliane vont reconnaître les lieux pendant que je reste dans la voiture. On est garé à 3-400m du départ et il y a des coureurs qui s’activent un peu partout, tous en configuration pluie …

Vers 22h55, on prend la direction de la ligne de départ. Je laisse Eliane, Monica et Oksana au premier virage qui suit le départ, leur dis que je passerai coté extérieur à gauche et leur fait mes adieux, précision utile car Eliane a réussi l’exploit de me photographier !

Quand je regagne la ligne de départ, il y a déjà beaucoup de monde, j’essaie de me faufiler un peu mais il y a vraiment trop de monde, je me retrouve vers la 5-600ieme place, il est 23h00, reste 30 minutes à attendre sous une pluie fine.

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Départ

C’est toujours toujours un grand moment, on sent la pression montée en soi, il y a les petits discours et puis vient la musique du film Christophe Colomb, l’aventure peut commencer. Toujours autant de monde au bord de la route.

C’est du plaisir à l’état pur le départ de l’utmb !

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Frayeur

Au début, je slalome entre les concurrents jusqu’aux Houches, dans la première montée, je me raisonne avec une montée au train, dans la descente sur St Gervais, c’est chaud, il pleut à verse, le sol est hyper glissant, ça n’avance pas, je craque, je me décale, je double.

Et puis j’ai de la chance, je glisse, je tombe, juste avant un gros trou béant où j’aurai pu me faire très mal. Là, je n’ai rien, je repars comme si de rien était.

 

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Bâton

3 heures de course et déjà une poignée de bâton qui part en vrille, je suis vert de rage … 

Comme j’avais mis un strap à mi-hauteur de chaque bâton pour avoir moins froid quand je tiens les bâtons à la main, j’essaie une réparation de fortune en utilisant un des strap pour essayer de refixer la poignée mais c’est un échec : non seulement la poignée ne tiens pas, mais en plus le bâton est tout collant, je remets le strap à son emplacement d’origine et je peste …

Je trouve finalement du scotch au ravito des Contamines pour refixer solidement la poignée défectueuse.

OUF !!!

 

Ravitaillement

Ce fut un peu toujours la même chose tout au long de la course. J’avais retenu de 2009 de ne pas trop boire aux ravitos, j’ai donc pris en général une soupe de pâtes + un thé chaud, et du coca de temps en temps, et en solide un peu de salé à chaque fois (fromage, pain, tuc, saucisson), et des morceaux de banane parfois.

Entre les ravitos, j’ai moins bu que d’habitude, car l’eau était trop froide (obliger de la réchauffer longuement dans la bouche avant de l’avaler), et j’ai essayé de manger une barre salée ou un morceau de gatosport maison dans chaque montée plus un gel de temps en temps, j’ai du en consommer 6-7 au total.

Ce régime m’a parfaitement convenu, je n’ai eu aucun problème digestif : une grande première sur un utmb.

 

Ciel étoilé

Des cordes à Saint Gervais mais un ciel étoilé quelques kilomètres plus loin, la montagne est belle, on voit le bal des frontales comme en 2008 sur les pentes du col de la Croix du Bonhomme, c’est beau.

 

Solitude

7h00 de course, je suis autour de la 100ieme place et je viens de faire la descente du col de la Croix du Bonhomme totalement seul. Heureusement, j’ai mon phare sur la tête. Je rattrape juste un concurrent avant d’arriver aux Chapieux.

Globalement, je vais faire toute la course seul dans ma bulle, et n’en sortir qu’aux ravitos où j’ai échangé un peu avec les bénévoles.

En dehors de ça, j’ai juste eu quelques courts échanges avec 5-6 concurrents peut-être, étrangers d’ailleurs pour la plupart.

 

Contrôle matériel

Petite surprise aux Chapieux, l’organisation contrôle le matériel obligatoire de tous les concurrents. Tout se passe dans la bonne humeur en 2 temps 3 mouvements.

 

Lever de soleil

Comme prévu, les lueurs du jour m’apparaissent en montant le col de Seigne, l’Italie est proche, il y a un peu de neige au sol, il fait froid mais c’est beau.

J’apprécie le paysage d’autant plus qu’en 2008 et 2009 on était passé de nuit.

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Temps de passage

Il est 10h10 quand j’arrive au ravito du col Checrouit, je suis dans les temps, j’en profite pour faire un arrêt toilette dans le confort des WC du refuge.

Pour le moment tout se passe bien, je suis dans mon rythme, je marche dés que ça monte à allure raisonnable, je coure sur le plat et j’assure les descentes en me reposant le plus possible sur mes bâtons.

Une inquiétude quand même : de fortes douleurs aux 2 genoux mais par intermittence, je suis parti avec mes Xa-Pro 3D pour gagner en accroche mais l’amorti est light, j’espère que ça ira mieux avec les Xa-Pro5 que je vais chausser à Courmayeur

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Arrêt au stand

J’arrive plus tôt que prévu à Courmayeur, j’angoisse un peu : est ce que les filles sont déjà là pour me supporter ? OUI, ELLES sont là.

Je fais coucou, on échange rapidement et je m’engouffre dans le gymnase après avoir récupéré mon sac au passage ; j’ai noté sur un papier tout ce que j’ai à faire.

Je suis efficace en 20 minutes, je boucle le tout : change complet avec nettoyage/crémage des pieds + repas solide conséquent : assiette de pâte / compote + recharge de la poche à eau, juste avec de l’eau finalement.

Je repars tout beau tout propre, nouveau coucou aux filles et c’est reparti pour un tour.

Je me sens frais et d’attaque pour la suite comme je le souhaitais.

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                                             avant                                                                                         aprés

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Classement

Dans la rampe après Courmayeur, je me fais déposer par 2 fusées espagnoles, pourtant, j’ai l’impression de bien monter, je me suis même refait doubler par 2 autres gars avant le refuge Bertone, ils sont déchaînés. C’est la vie, au final je perds une place sur cette portion.

Autrement, mon classement a progressé tout au long du parcours, j’ai beaucoup doublé au début pour revenir dans le top 100, puis ensuite, les places ont été plus difficile à grappiller, j’ai continué globalement à doubler mais je me suis fait aussi doubler quelquefois, jouant au yoyo avec certains concurrents, et j’ai aussi bien profité des abandons au fil des kilomètres et des surprises du parcours.

 

Surprise SMS

Samedi 13h34, SMS en provenance de l’organisation :

Info UTMB : changement de parcours après Champex. Bovine inaccessible suite dégât intempéries. Parcours déviées par Martigny. Parcours totale = 170 km et 9700 m de dénivelé positif.

J’ai passé le Grand Col Ferret en bon état, mes douleurs aux genoux ont disparu depuis Courmayeur. Je me sens bien si bien que les 20 kms de descente me paraissent beaucoup moins interminable que d’habitude et je les négocie au mieux. Mais bon, ça reste quand même vachement long ces 20 bornes de descente après 100 kms de course.

A noter au passage sur ce parcours 2011 : un petit 150m de D+ juste avant la Fouly non présent sur les parcours de 2008 et 2009. Ca ne mange pas de pain mais faut quand même se les enquiller !

Un peu avant la Fouly, je double un concurrent quasiment à l’arrêt, je l’encourage en passant, et là, il me dit qu’il va abandonner à la Fouly, que le parcours a été rallongé, c’en est trop pour lui.

Moi, je ne suis pas au courant (il est autour de 16h00 pourtant), je n’ai pas pris le temps de lire le SMS, ça tourne dans ma tête, je ne comprends pas … mais j’attends d’arriver à la Fouly pour voir ce qu’il en est exactement.

Au ravitaillement de la Fouly (mi-descente), je vais donc aux nouvelles. Apparemment, on va avoir une longue descente après Champex qui s’étire sur 15 kms pour aller jusqu’à Martigny avec 1000m à dévaler, puis ensuite remonter 1000m jusqu’au col de la Forclaz. C’est chaud, c’est plus long, et en plus, on va se taper quasiment 2000m de D+ consécutifs si on ajoute ensuite la montée à Catogne avec entre les 2 juste une courte descente jusqu’à Trient.

Ces nouvelles ne sont pas très bonnes, le menu vient de se corser brutalement, mais elles ne me perturbent pas plus que cela, ce qui me turlupine plus en fait c’est que je ne vois pas comment on arrive à 9700m de D+. C’est seulement arrivé à Martigny que je vais comprendre …

Je repars de La Fouly avec la future 3ième féminine de cet utmb.

Reste encore 10 kms de descente à se coltiner avant de remonter sur Champex.

 

9700m de D+

Je prends à nouveau des renseignements à Champex, c’est confirmé longue descente jusqu’à Martigny qui m’est annoncé à 500m d’altitude, puis longue remontée de 1000m jusqu’au col de la forclaz. Ca râle parmi les concurrents.

Comme prévu, la descente sur Martigny est effectivement longue surtout que la nuit commence à tomber. Un village, un train, c’est Martigny sauf qu’il n’y a pas de ravito et que mon altimètre affiche 570m, pourtant, on est en fond de vallée !

On va pas mal … remonter avant de replonger sur le vrai village de Martigny et son ravito !

Après Martigny, la montée au col de la Forclaz est terrible, c’est droit dans la pente, donc pas si long que ça, c’est un parcours utmb découverte qui nous est proposé …

Chapeau

Le professionnalisme de l’organisation de l’utmb m’impressionne toujours autant et encore plus cette année, avec une adaptation aux éléments quasi irréprochables : toutes les courses du we ont vu leur parcours modifié en raison de la météo, avec la palme pour l’utmb.

On a quand même eu droit à un décalage de l’heure de départ avec une course qui débute sur un parcours raccourci mais qui en cours de route s’allonge … le tout sans le moindre couac au niveau de l’organisation.

Chapeau également à tous les bénévoles qui ont vu leur séjour à Chamonix se prolonger jusqu’à dimanche soir tard.

 

Encouragements

Pareil, ça m’impressionne toujours autant, surtout la nuit.

Malgré le décalage de l’heure de départ, que de monde à Cham, puis tout au long de la vallée de Saint Gervais jusqu’à Notre Dame de la Gorge. Et puis ensuite, il y a ces frontales à contre sens sur les chemins perdus dans la montagne qui vous encouragent à toute heure de la nuit.

Sans oublier aussi l’accueil suisse et ses stands ravito improvisés devant les maisons où on vous propose de l’eau, du thé chaud, de jour comme de nuit.

 

Dernier coucou

Vallorcine, Dimanche, 2h du mat, Eliane est là pour m’encourager, je suis à peu prés en bon état, je sais que c’est dans la poche, j’ai réussi à rester en vie, je ne suis pas encore totalement cramé. Je souffre de mon coup de pied gauche, un grand classique, pourtant, j’ai fait attention à mon laçage, mais bon, la douleur est largement supportable, elle ne m’empêche pas d’avancer.

A part ça, la poignée de mon second bâton vient de m’abandonner. Même pas grave !

Eliane m’accompagne au ravito et me jauge pour savoir combien de temps il va me falloir pour regagner Chamonix. Il y a 14 kms dont 200m de montée pour aller au col des Montets, puis derrière la descente sur Cham avec 2 petits coups de cul apparemment : je ne me prononce pas, mais dans ma tête j’en ai pour 2 heures environ.

Je me ravitaille et je repars derrière 2 gars dont une des 2 fusée espagnoles qui m’avait déposé après Courmayeur, c’est un petit gabarit qui avance à petites foulées sans bâtons, c’est bizarre car ça fait plusieurs fois que nos chemins se rencontrent et à chaque fois, que ça monte, que ça descende, il avance plus vite que moi …

Là, je vais me mettre dans sa foulée pour aller jusqu’au col des Montets, avant de me faire définitivement distancer en début de descente suite à un dernier arrêt toilette. Je ne m’inquiète pas car je continue à avoir un bon rythme, je devrais réussir à conserver ma place dans le top 40, car je reprends toujours 2-3 gars par portion.

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Fond de vallée

La fin de parcours est difficile, il fait encore nuit et le fond de vallée n’est pas un long fleuve tranquille pour regagner Chamonix. En fait, le sentier emprunte les balcons sud à partir de l’Argentière avec en réalité 2 bons gros coups de cul de 100 et 150m de D+, je ne m’attendais pas à autant, ça m’a paru interminable, pas de lumières en vue, et des rubalises toujours plus hautes qui refusent de redescendre sur Chamonix.

La délivrance viendra d’un bénévole et de sa petite frontale à contresens qui m’encourage et me dit que le sommet est proche, ensuite petit plat, et petite descente avant de rejoindre le goudron. Je suis sauvé.

 

Finisher

Chamonix, Dimanche, 4h35 du matin, personne devant, personne derrière, je savoure les derniers hectomètres, l’aventure est finie, je suis finisher !

Je viens d’accomplir l’UTMB dont je rêvais avec à la clef un temps et un classement exceptionnels pour moi.

En 2008, le franchissement de la ligne avait été une véritable délivrance pour moi, j’avais tant souffert avant de rejoindre Chamonix, j’étais arrivé vidé tant moralement que physiquement.

Là, je suis juste bien, fatigué certes, mais avec le sentiment du devoir accompli, totalement comblé par ma performance. En plus, Monica, Oksana et Eliane sont là pour m’accueillir.

Que du bonheur !

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Coup de fatigue

Une fois la polaire finisher récupérée (elle est bleue cette année), on se dirige vers la tente collation d’après course, je mange un peu, on discute, on se dit qu’on va rentrer assez vite sur Vallorcine pour mettre Oksana au chaud et puis je commence à me sentir moins bien, je lutte pour ne pas perdre connaissance, je m’allonge, j’ai froid.

Je vais aller récupérer tranquillement sur un lit de camp au chaud dans une couverture, ma glycémie et ma tension sont ok.

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Finalement, je vais me doucher et mange un repas avant de rentrer. Monica m’accompagne à la douche pendant qu’Eliane nous attend avec Oksana au réfectoire. La douche est ma dernière épreuve, l’eau est chaude mais j’ai froid, je me savonne tant bien que mal, mais le simple contact des mains sur mon corps me fait mal, c’est la première fois que je ressens ça, même le contact des mains sur mon visage, sur mon thorax me fait mal.

Quand nous rejoignons le réfectoire, il est presque 6h00 du matin, Oksana prend son biberon, je mange le poulet-polenta, un peu de fromage et quelques cookies, le tout avec un bon thé chaud. On rentre sur Vallorcine et je m’endors comme une masse sur mon lit, c’est Oksana qui me réveillera sur le coup des 11h30 en prenant son repas de midi avec entrain …

 

Respect

Ravitaillement de Vallorcine, Dimanche, 16h30, il fait chaud, la barrière horaire est à 18h00 et une foule de traileurs dévalent encore la montagne sous le soleil, il y en a de partout ! Dans leur état, il leur faudra bien encore 3 heures pour regagner Chamonix …

Je suis vraiment content d’être là, je les encourage, je ressens une grande émotion en moi.

 

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Arrivée à Chamonix, Dimanche 17h30, il y a foule aussi pour assister au podium de l’utmb et acclamer Kilian Jornet pendant que moult concurrents franchissent encore la ligne…

Kilian a franchi la ligne il y a quasiment un jour maintenant, 550 traileurs sont arrivés mais prés de 600 sont encore attendus d’ici 21h00. Grand, grand respect à eux !

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Récupération

Ma cheville gauche est encore un peu enflée à cause de mon inflammation au niveau des tendons de mon coup de pied, et l’ongle de mon orteil gauche est en piteux état, l’explosion est proche.

Pour le reste ça va, mes articulations de chevilles ont un peu enflé mais c’est entrain de rentrer dans l’ordre, mes genoux vont bien et je n’ai quasiment pas de courbatures au niveau des cuisses et des mollets.

Par contre, je ressens une grosse fatigue générale, je sens que j’ai puisé avec une grosse envie de dormir à l’heure du goûter, c’est un peu comme si j’avais un gros décalage horaire dans la tête. Je ne suis pas totalement redescendu de mon nuage, comme-ci 3 jours après avoir bouclé la boucle, j’étais encore en course. J’avais ressenti la même chose en 2008.

 

Leitmotiv

Je vous invite encore et toujours à relever le défi du tour de la montagne.

 

Performance

29h04min07sec pour parcourir les 170kms et 9700m de dénivelé du tour du Mont blanc.

37ieme au final, 10ieme V1 et 15ieme français sur 2369 partants dont 1133 finishers.

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