Maratrail de Faverges 2008

  Faverges, vendredi 13 Juin 18h30, nous voici dans la file d’attente pour récupérer nos dossards avec Patrick Forest (le protégé de Fred comme avait dit Papipec ) mon compagnon de route sur 30Km au Marathon d’Annecy. Nous ne serons seul pas très longtemps car juste devant moi dans la file, Patrice un collègue du DTBS est lui aussi venu récupérer des dossards pour des collègues de son service et malheureusement pour annoncer à l’organisation son forfait suite à des soucis au dos. Partie remise pour lui sachant que c’est un habitué de la course lui l’autochtone de l’étape. Sa connaissance du terrain nous sera très précieuse et ses renseignements sur le profil de l’épreuve fort utile : bilan je partirai avec la ceinture porte bidon au lieu du camelback. Choix judicieux, il y a plusieurs points d’eau sur le parcours et le ravito placé à mi-épreuve bien copieux.

23h, nous voici près à aller se coucher tout content d’avoir préparé nos affaires et de faire partie de cette course très prisée (inscription close 15 jours avant le terme malgré 1000 participants prévus) et non pas par le résultat du match de foot que nous venons de voir…

6h05 lever des troupes, en partant du gîte la Sambuy est déjà dans les nuages : pourvu qu’il ne pleuve pas pendant la course !

Quelques minutes plus tard nous voici proche du sas de départ. Le moral est toujours au beau fixe malgré les 2700m de D+ qui nous attendent et n’ayant rarement dépassé les 2000m sur une journée. Quelques discussions improvisées pour s’encourager avec des participants dont la femme de Jean-Marie venue en délégation avec l’ACP et nous voilà partie.

Stratégie de course avec Patrick un départ prudent en milieu de peloton, on aura le temps, si les jambes le veulent, de doubler plus tard…erreur ! Au bout d’un bon kilomètre de goudron nous voici dans un entonnoir pour regagner un sentier relativement étroit : nous voici partie pour une heure de yo-yo, je cours, je marche, je recours, je remarche…un rythme bien cassant et relativement nerveux pour une progression au ralenti, nous arrivons enfin au premier contrôle situé à 7.4km du départ avec juste 540m de D+. On avait envisagé un passage au sommet du télésiège de la Sambuy après 2h de course, on sait déjà que cela ne sera pas possible du fait des 900m de dénivelé manquant sans parler de la distance…Heureusement une longue partie en piste forestière permet de caler les vitesses, on ne sera plus guère doubler, il faut dire nous sommes passés 206 et 207ème au premier contrôle.

2h20 de course, le sommet est proche, revoici Patrice pour nous encourager et immortaliser l’instant.


Nous passons rapidement le sommet sous une bonne bise de Nord perdus dans les nuages. Les contrôleurs et spectateurs sont emmitouflés dans leur veste de montagne avec la capuche fermée, il ne fait pas bon traîner ici, nous ne regrettons pas notre option « manches longues »… 26 minutes plus tard nous atteignons le ravito 750m plus bas après une descente prudente dans des gros cailloux de piste de ski avant de rejoindre un sentier plus roulant permettant de reprendre encore quelques concurrents. Après un bon plein des bonhommes et des gourdes, nous passons au 2ème contrôle pour attaquer la deuxième difficulté de 750m de montée cette fois-ci. Notre moral est toujours au beau fixe, nous doublons toujours des concurrents en montant « prudemment » et en prenant le soin de faire quelques photos. Pendant l’une d’elles on ne verra pas Philippe de DTBS nous doubler, (à partir des classements intermédiaires, on se rendra compte plus tard et après discussion avec lui à l’arrivée qu’il sera le seul participants passer après nous au premier contrôle à finir devant nous, comme quoi la prudence au départ paye toujours).

Sur la fin, cette montée s’affaiblit nous permettant de franchir l’Epaule de Chaurionde (elle aussi dans les nuages) en courant et en slalomant entre les retardataires du 27km. Nous attaquons encore prudemment la deuxième descente du fait des grosses ornières de boue qui jalonnent très fréquemment le tracé, la partie de patinage commence avec toujours pas mal de personnes à essayer de doubler sur cette partie étroite…La particularité du trail de Faverges est de montée en face Sud (merci les nuages présents pour cette édition pour éviter la chaleur) et de descendre par les versants Nord (« légèrement » détrempés cette années !). Après 4h15 de course nous atteignons le 3ème contrôle accompagné d’un point d’eau, nous faisons le dernier plein d’eau et abandonnons les participants du 27km que nous retrouverons plus tard pour les 3 derniers km de course. Nous voici donc au pied de la dernière difficulté du jour de seulement 300m de D+ mais très raide suivi 2km de montagnes russes avant d’amorcer la descente finale sur Faverges. Cela commence à sentir l’écurie, on croit à cet instant être proche des cent premiers du classement mais nous ne connaissons aucun classement intermédiaire. Les jambes tournent de mieux en mieux et nous continuons toujours à doubler et nous revenons rapidement sur un petit groupe de presque 10 unités. Celui-ci est avalé rapidement et me voici déjà avec une vingtaine de mètres d’avance sur ce groupe mais Patrick a un peu coincé et peine à doubler les premiers. Je maintiens mon écart et je l’attends mais nous voici à La Sarve au milieu d’une troué dans les nuages avec une vue magnifique sur le lac d’Annecy. Patrick n’arrive toujours pas à s’extirper du groupe et me fait signe qu’il est cuit (il n’arrivera même pas à sortir l’appareil pour photographier ce magnifique paysage qui s’offre à nous). Des contrôleurs venaient de n’annoncer l’arrivée à 11Km, comme pour Annecy avec Patrick on aura fait 30 bons km ensemble mais nous voilà de nouveau séparés…Me sentant parfaitement bien je me décide de continuer la « remontée » en appuyant un peu plus sur le champignon (le cardio m’indiquera 156pulses/mn de moyenne sur cette descente alors que sur le reste de la course, montées incluses, je n’aurais jamais dépassé le 150pulses/mn). Je passe sans encombre les montagnes russes et la dernière partie montante sur la piste forestière entrecoupées d’une dernière partie de descente très prudente dans un bourbier impressionnant. A l’arrivée la limite chaussure/chaussette ne sera plus très visible et les chaussures bien lourdes pendant pas mal de temps. Rapidement revoici les participants du 27km, l’arrivée semble toute proche, plus que ce gros km sur le goudron que j’avale à un rythme marathonien soutenu par une foule de plus en plus importante (ce n’est pas le moment de faiblir !). Dernier virage pour entrer dans le parc…mais faut-il faire des zigzags comme à Annecy ? Non, l’arrivée et là et Patrice fidèle au poste placé juste après l’arrivée !

5h38’32 : objectif des 6 heures largement atteint pour une 126ème place du général. Je suis très heureux et pas trop cassé. Petit débriefing à chaud avec Patrice et Philippe (arrivé depuis peu) auquel se joindra Patrick quelques minutes plus tard. Nous sommes super contents, prêts pour la douche froide avant les kinés et la Tartiflette géante dans le parc.

Moralité, pour les marathons mieux vaut les faire avec des bosses, ils font moins mal aux jambes que ceux sur goudron !

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