Venicemarathon: par DENIS RENAUD
Trop classe à Venise !!
Vous trouverez le lien vers le classement et la vidéo personnalisée un peu plus loin.
Que dire d’autre ?
- La préparation
Après un plan suivi d’aussi près que possible (merci MichBo), arrivée à mercredi à Venise, où je rejoins Dominique et sa fille Marion (c’est son cadeau de 25ans). La magie opère toujours, même pour mon 3ème séjour dans la cité des doges. Un appartement vénitien loué pour la semaine, petits restaus et apéros variés, j’espère ne pas foutre en l’air toute ma préparation, mais on ne vit qu’une fois, et j’ai décidé de ne pas attacher trop d’importance à la performance. L’appartement étant loué la semaine suivante, départ samedi pour un hôtel à côté du Rialto, avant un essai de repérage du lieu de rendez-vous des bus : 6H50 à 7H10 quelque part dans le Tronchetto, le quartier portuaire de Venise. Je ne trouve aucun signe du rendez-vous. Du coup je flippe un peu, j’en arrive à me demander si je trouverai le départ. A tout hasard, je prends un billet de train pour Mestre, un autre rendez-vous étant proposé dix minutes plus tard devant le gare de Mestre. Entre le stress d’avant course et les fêtards qui naviguent à côté du Rialto jusqu’à 3H du matin, mauvaise nuit. Heureusement, le changement d’heure me ménage un répit d’1H !!
- Le jour J
Réveil à 4H45, pour prendre le vaporetto au Rialto à 5H35. A Venise, tout transport prend tout de suite d’autres proportions : 20 minutes de « water bus » pour rejoindre la piazza di Roma, ou la gare si finalement je prends le train.
Je ne suis pas en retard à l’arrêt, ça me laisse le temps d’immortaliser le moment.
Soulagement : un sac orange arrive, un local qui parle anglais. Je me sens rasséréné, je trouverai le rendez-vous, ça soulage. Quelques autres ce joignent à nous, je suis le mouvement. Arrivé à Piazza di Roma, un moment de flottement avant de se diriger vers le quai : changement de ligne, on prend la ligne 2 direction Tronchetto, là où j’ai cherché hier soir. Mais cette fois je me sens moins seul. Arrivé à destination, une fille prend les devants, elle a dû repérer les lieux. Tout le monde suit, 15 minutes à déambuler entre les parkings et les entrepôts. Le Venise historique semble bien loin. Soudain, miracle, d’autres coureurs, au milieu de nulle part. Le RV est là

Il est 6H30 à peine, on se caille tous LES CACAHU7TES ; Pas de français à l’horizon, mais le moral est bon.
C’est la ruée quand les bus arrivent. Empilés version métro aux heures de pointes, debout, et c’est parti pour 45 minutes de trajet. Pas sûr que ce soit la meilleure façon de s’échauffer, mais bon..
Enfin on arrive à Stra, après avoir traversé les zones pétrolières de Marghera. Là encore, le contraste avec Venise est saisissant. Heureusement, Stra est un charmant village, plein de résidences luxueuses. Le regroupement est dans le parc de la villa Pisani.

Un escargot à Venise !!!
Suivez les sacs orange !!!
C’est la première fois que je dois gérer un départ en sas..Je m’y dirige en suivant le flux, sans doute trop tôt : même après avoir pris mes précautions, les 45 minutes dans le sas seront de trop, et je devrai m’arrêter pisser après..1km (ça ne surprendra pas Philippe et Denis). Sur la base de mon temps d’engagement, je découvre qu’on m’a mis dans le sas des 3H50, je ne vois émerger les ballons que 5 minutes avant le départ. Trop tard pour reculer, on verra bien.

La course, ça part tranquillement, l’hélico survole la course sous les vivats des concurrents. Je me tiens sagement vers les « pacemakers ». Après le premier arrêt pipi, je suis rattrapé par le ballon noir des 4H. La couleur est trop moche, je décide donc de recoller doucement au ballon vert, que je reprends vers le 5ème km.
Passage au km10 en à peu près 54 minutes..je ne tarderai pas à payer ce départ un peu rapide. Comme me le confirmeront mes temps de passage, j’ai un coup de moins bien après le km15, les jambes déjà lourdes. Je ne suis pas sûr d’avoir correctement géré l’alimentation d’avant course, avec ce lever 4H30 avant le départ.
Je laisse donc filer le ballon vert, et passage au semi en 2H, comme à Annecy. Mais je sens que j’aurai du mal à faire la deuxième partie plus vite.
Au 30ème, ça va plutôt mieux. On arrive dans les environs de Mestre, puis traversée du parc San Giuliano. Les vaches n’avaient pas prévenu des quelques côtes qui émaillent la traversée du parc. Les premiers « marcheurs » apparaissent, je ne suis donc pas le seul à avoir mal aux pattes, mais je me sens encore assez frais pour demander à la jeune fille du ravito de me tirer le portrait
On attaque le pont de la liberté, ça commence à sentir bon, mais putain qu’il est dur, et long. Passage au km35 à la moitié du pont
Et nous voilà dans Venise. On enchaine les 14 ponts, 6 sur les zattere, avec vue sur la Giudecca. Je ramasse les morts à chaque passage de pont, de plus en plus de concurrents marchent (comme quoi Comboire a du bon, je prends les passerelles les doigts dans le nez, mais j’en chie plus entre les ponts).
Quand j’arrive sur le pont flottant, je sors l’appareil..patatras, les piles se répandent par terre. ; fin du reportage photo « live », il faudra se contenter de le prendre cet AM depuis le vaporetto
Et l’arrivée sur les Schiavoni, éphémère moment de gloire..un petit peloton me précède de 50m, je suis tout seul devant la Piazzetta, avec les applaudissements des spectateurs pour moi tout seul !! Qui plus est, mon fan-club est là, juste au bord. J’arrive à faire bonne figure mais j’ai les cannes en bois. Je crois que ça ne se voit pas sur la photo, heureusement.
Et quelques centaines de mètres et deux ponts plus loin, c’est l’arrivée. Un petit sprint histoire de dire, mais je laisse finir devant moi la petite dame qui m’a tiré sur les derniers kilomètres.
J’oublie même d’arrêter mon chrono, mais très vite j’ai un sms de l’organisation. 4h07’49’’ temps officiel, moins bien qu’à Annecy, mais des émotions encore plus fortes.
Pas trop le temps de trainer, le temps de prendre une douche à l’appart, une bière et un morceau de polenta, et la course commence pour choper l’avion à 18H à Mestre.
Mais ceci est une autre histoire, une autre course, qu’on a gagné à 3, en arrivant à 17H22 à l’enregistrement..
J’attendrai le lendemain pour avoir le temps réel, 4H2’55’’, je suis content.Denis RENAUD