Un escargot à Paris
Après le marathon entre amis à Annecy, le marathon tourisme à Venise, voici venu le temps de découvrir le must, avec Paris et ses 37000 inscrits.
Une défection de marque: Belle-maman a finalement renoncé à propulser son fauteuil du côté du Bois de Vincennes. Heureusement, ma petite femme Dominique (convertie depuis peu à l'ambiance des marathons), et mon frère Gilles (ancien sprinter mais fâché depuis quelques années avec la course à pied) seront bel et bien là.
Après une préparation sans souci avec la complicité de Mich-Bo, je me sens plein d'entrain, prêt à franchir une nouvelle fois la barre des 4H, même si d'aucuns glorieux anciens m'ont laissé entendre que Paris n'est pas le meilleur endroit pour "faire un temps", pollution et côtes traitresses obligent.
Départ à 6H30 d'Ivry sur Seine, par le 183, puis métro avec changement à Chatelet pour gagner les Champs Elysées. Les couloirs de métro sont une vraie glacière, et se peuplent soudain d'extra-terrestres en sacs poubelle. Persuadé d'être en avance, j'émerge sur les champs vers 7H20, et je prends le temps de boire un café et de soulager mes intestins, toujours patraques avant la course. Puis direction le vestiaire. Une cohue indescriptible, provoquée par un accès ridiculement réduit à la zone d'habillage.
Moralité, je ne rejoins le départ qu'à 8H30, bien plus près du ballon des 4H30 que de mon panache vert. Beaucoup de petits malins cherchent à gagner des places avant le départ, et je me retrouve dans le caniveau, les pieds dans l'eau. Bienvenue dans les marathons de prestige!!
Enfin le départ est donné. Je passe la ligne à peu près 13 minutes après le coup de pistolet, et on se met à courir sitôt la ligne franchie.
éviter les sacs jetés au sol devient le sport national, pas mal de chutes, beaucoup de bousculades qui vont durer..quasiment jusqu'au km30. Je me donne quelques kms pour rattraper mon ballon, sans savoir qu'il y en a plusieurs pour les 4heures. Arrivés au premier ravito, j'attrape une bouteille au vol en me promettant de boire un peu plus loin pour éviter la bousculade, les coups de pied et les coudes qui volent. Et soudain tout le monde s'arrête, suite à un rétrécissement et un virage à 90°. Plus de 2 minutes d'arrêt. Arrêt qui aura son importance, car le ballon des 4H que je vois à ce moment là, pris dans l'embouteillage,va entreprendre de rattraper le temps perdu, et ce sera une bonne partie de yoyo jusqu'au semi.
La température augmente, et même avec mes superbes lunettes Adidas, je transpire abondamment. Je bois régulièrement et vu l'expérience du premier ravito, je décide de garder cette stratégie d'attraper une bouteille au vol et de m'arrêter un peu après les ravitos suivants. Tout va bien, passage avec mes compagnons en 1H56 au semi (1H58 pour eux qui ont passé la ligne avant moi).
La remontée le long des quais de Seine est compliquée. Marc m'avait prévenu, mais le tunnel de plus d'1km est étouffant, les sorties en côte de tous les petits tunnels de vrais casse-pattes. Je sens que je faiblis un peu, mais je maintiens le rythme jusqu'au km30, face à la Tour Eiffel, et je réussis à faire bonne figure sur les photos de mon frère.
Et c'est là que les ennuis commencent. A l'entrée dans le bois de Boulogne, je sens les jambes lourdes, j'ai de plus en plus chaud malgré la bouteille que je garde à la main en permanence. Je fais une ch'tite pause vers le km32, quelques étirements, mais rien n'y fait et arrivé au km34, c'est la crampe au mollet qui arrive, insidieusement d'abord, me permettant de continuer à courir, mais je sens mon objectif s'éloigner au rythme inexorable du meneur d'allure. Un texto à ma douce pour qu'elle ne s'inquiète pas, et je me résous à finir à mon rythme, alternant petit trot et marche rapide. Arrivé au km40, la crampe se généralise aux deux mollets et gagne les quadriceps dès que j'essaie de m'étirer. Je finis donc pesamment en 4H15. A peine la force de sourire à Dominique que je sens oppressée par la foule, et je passe la ligne en marchant.
Retrait de la puce, poncho souvenir sur les épaules, je passe devant la file d'attente au massage. Comment nous retrouver pour aller déjeuner et récupérer chez ma belle-soeur à Suresnes..et paf, le coup de poignard, crampe "générale" aux deux jambes. Je m'allonge sur le sol en criant de douleur. Quelques concurrents un peu mieux lotis que moi m'aident à m'étirer en attendant les secouristes de la croix-rouge qui mettront plusieurs minutes à pouvoir me redresser et m'emmener jusqu'à la tente. Je m'assieds sur une chaise en attendant qu'une couche se libère, pas moyen d'envoyer un texto ni de passer un coup de fil. Ouf, mon frère me trouve et part récupérer mon vestiaire, suivi quelques minutes après par Dominique, vite rassurée de me voir assis.
Je me rhabille devant la tente et voilà, je marche sur les talons jusqu'au métro, et vers 14H30 on arrive à Suresnes où m'attend une jolie réception et une coupe de champagne réparatrice.
Vous voulez que je vous dise:
J'en ai bavé comme un vrai escargot!!!
Et j'ai encore bien des progrès à faire dans la gestion d'une course, depuis le départ jusqu'aux ravitaillements
Le nouveau et éphémère leader du classement RACING, votre dévoué Denis
Une défection de marque: Belle-maman a finalement renoncé à propulser son fauteuil du côté du Bois de Vincennes. Heureusement, ma petite femme Dominique (convertie depuis peu à l'ambiance des marathons), et mon frère Gilles (ancien sprinter mais fâché depuis quelques années avec la course à pied) seront bel et bien là.
Après une préparation sans souci avec la complicité de Mich-Bo, je me sens plein d'entrain, prêt à franchir une nouvelle fois la barre des 4H, même si d'aucuns glorieux anciens m'ont laissé entendre que Paris n'est pas le meilleur endroit pour "faire un temps", pollution et côtes traitresses obligent.
Départ à 6H30 d'Ivry sur Seine, par le 183, puis métro avec changement à Chatelet pour gagner les Champs Elysées. Les couloirs de métro sont une vraie glacière, et se peuplent soudain d'extra-terrestres en sacs poubelle. Persuadé d'être en avance, j'émerge sur les champs vers 7H20, et je prends le temps de boire un café et de soulager mes intestins, toujours patraques avant la course. Puis direction le vestiaire. Une cohue indescriptible, provoquée par un accès ridiculement réduit à la zone d'habillage.
Moralité, je ne rejoins le départ qu'à 8H30, bien plus près du ballon des 4H30 que de mon panache vert. Beaucoup de petits malins cherchent à gagner des places avant le départ, et je me retrouve dans le caniveau, les pieds dans l'eau. Bienvenue dans les marathons de prestige!!
Enfin le départ est donné. Je passe la ligne à peu près 13 minutes après le coup de pistolet, et on se met à courir sitôt la ligne franchie.
éviter les sacs jetés au sol devient le sport national, pas mal de chutes, beaucoup de bousculades qui vont durer..quasiment jusqu'au km30. Je me donne quelques kms pour rattraper mon ballon, sans savoir qu'il y en a plusieurs pour les 4heures. Arrivés au premier ravito, j'attrape une bouteille au vol en me promettant de boire un peu plus loin pour éviter la bousculade, les coups de pied et les coudes qui volent. Et soudain tout le monde s'arrête, suite à un rétrécissement et un virage à 90°. Plus de 2 minutes d'arrêt. Arrêt qui aura son importance, car le ballon des 4H que je vois à ce moment là, pris dans l'embouteillage,va entreprendre de rattraper le temps perdu, et ce sera une bonne partie de yoyo jusqu'au semi.
La température augmente, et même avec mes superbes lunettes Adidas, je transpire abondamment. Je bois régulièrement et vu l'expérience du premier ravito, je décide de garder cette stratégie d'attraper une bouteille au vol et de m'arrêter un peu après les ravitos suivants. Tout va bien, passage avec mes compagnons en 1H56 au semi (1H58 pour eux qui ont passé la ligne avant moi).
La remontée le long des quais de Seine est compliquée. Marc m'avait prévenu, mais le tunnel de plus d'1km est étouffant, les sorties en côte de tous les petits tunnels de vrais casse-pattes. Je sens que je faiblis un peu, mais je maintiens le rythme jusqu'au km30, face à la Tour Eiffel, et je réussis à faire bonne figure sur les photos de mon frère.
Et c'est là que les ennuis commencent. A l'entrée dans le bois de Boulogne, je sens les jambes lourdes, j'ai de plus en plus chaud malgré la bouteille que je garde à la main en permanence. Je fais une ch'tite pause vers le km32, quelques étirements, mais rien n'y fait et arrivé au km34, c'est la crampe au mollet qui arrive, insidieusement d'abord, me permettant de continuer à courir, mais je sens mon objectif s'éloigner au rythme inexorable du meneur d'allure. Un texto à ma douce pour qu'elle ne s'inquiète pas, et je me résous à finir à mon rythme, alternant petit trot et marche rapide. Arrivé au km40, la crampe se généralise aux deux mollets et gagne les quadriceps dès que j'essaie de m'étirer. Je finis donc pesamment en 4H15. A peine la force de sourire à Dominique que je sens oppressée par la foule, et je passe la ligne en marchant.
Retrait de la puce, poncho souvenir sur les épaules, je passe devant la file d'attente au massage. Comment nous retrouver pour aller déjeuner et récupérer chez ma belle-soeur à Suresnes..et paf, le coup de poignard, crampe "générale" aux deux jambes. Je m'allonge sur le sol en criant de douleur. Quelques concurrents un peu mieux lotis que moi m'aident à m'étirer en attendant les secouristes de la croix-rouge qui mettront plusieurs minutes à pouvoir me redresser et m'emmener jusqu'à la tente. Je m'assieds sur une chaise en attendant qu'une couche se libère, pas moyen d'envoyer un texto ni de passer un coup de fil. Ouf, mon frère me trouve et part récupérer mon vestiaire, suivi quelques minutes après par Dominique, vite rassurée de me voir assis.
Je me rhabille devant la tente et voilà, je marche sur les talons jusqu'au métro, et vers 14H30 on arrive à Suresnes où m'attend une jolie réception et une coupe de champagne réparatrice.
Vous voulez que je vous dise:
J'en ai bavé comme un vrai escargot!!!
Et j'ai encore bien des progrès à faire dans la gestion d'une course, depuis le départ jusqu'aux ravitaillements
Le nouveau et éphémère leader du classement RACING, votre dévoué Denis
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